Les cascades de Costeplane

Au cœur d'un environnement montagnard grandiose

Faisant face au ravin du Pas-de-la-Tour, au cœur d’un environnement montagnard grandiose, cette curiosité naturelle est fortement perçue depuis la route au fond de la vallée. Ces cascades suscitent de fait de nombreuses haltes panoramiques. Il est également possible de les découvrir à partir du village du Lauzet-Ubaye, au gré d’agréables itinéraires champêtres.

Leur particularité réside dans le système d’écoulement des eaux en nappe sur un versant de concrétions calcaires. Le tuf calcaire (travertin) est une concrétion stratifiée et déposée par une source incrustante, appelée également pétrifiante. La formation de tuf enferme parfois des vides résiduels (grottes). Elle peut aussi enfermer dans sa progression des débris de végétation (feuilles, branches, troncs) qui laissent des traces visibles une fois la végétation décomposée.

On peut voir dans le haut du village du Lauzet, une attache pour les ânes, scellée dans le mur d’une maison, faite en travertin.

Les cascades de Costeplane sont situées dans le ravin de la Blache et sont un site de canyoning remarquable et très fréquenté.

Le pont roman

900 ans d'histoire

Classé Monument Historique par arrêté du 3 Novembre 1987

Le pont dit romain franchit l’Ubaye sur la route du Lauzet à Costeplane. Long de 22,7 m et large de 3,5 m, il est porté par une arche en ogive de 9 m de portée, qui est jetée à 40 m de hauteur au-dessus du torrent, ce qui en faisait un des plus hauts ponts de l’époque. De construction rustique, il doit être médiéval (XIVe siècle, mais la DIREN donne une datation plus large, entre le XIIe siècle et le XVe siècle). Il subit des travaux en 1881, et s’effondre partiellement en 1902. De nouveaux travaux ont lieu en 1975.

Il est inscrit aux monuments historiques avec ses abords comme romain par erreur. Le pont et ses abords sont ensemble un site classé depuis 1938.

Son histoire :

Dit Romain, ce pont est en fait roman. Il assurait la liaison entre l’Abbaye de Boscodon et le Laverq. Ces deux lieux de culte faisaient partie de l’ensemble des abbayes chalaisiennes. Selon la règle de Saint Benoit, les moines chalaisiens vivent séparés du monde et ne s’intègrent pas à la vie des paroisses. Les 1ers moines sont des ermites installés à Chalais (Voreppe, contreforts de la Grande Chartreuse, Isère) en 1101 par l’Evêque de Grenoble. Ils se consacrent aux travaux forestiers et à l’élevage ovin.

Pour consolider une petite communauté installée à Boscodon dès 1132, l’Evêque d’Embrun choisit d’y construire une abbaye en 1142 et de se joindre aux moines de Chalais. C’est la naissance de l’ordre chalaisien.

L’élevage de moutons contraint les moines à la transhumance et ainsi plusieurs abbayes ou prieurés rejoignent l’ordre afin d’établir des lieux de séjour distants au maximum d’une (grosse) journée de marche.

Il existe 10 abbayes : Albeval, Almeval, Notre Dame de Boscodon, Notre Dame de Chalais, Clairecombe, Clausonne, Notre Dame de Lure, Prads, Pierredon, et Valbonne et 3 prieurés : Laverq, Paillerol et Valserres.

L’ordre de Chalais sera finalement absorbé par l’ordre des Chartreux au début du XIIIème siècle.

C’est ainsi que l’on peut imaginer que les troupeaux des moines chalaisiens ont transhumé entre Boscodon et le Laverq en traversant le pont romain du Lauzet il y a 900 ans !

Eglise Saint-Laurent

Construite en 1715

L'église Saint-Laurent au Lauzet est construite en 1715. Sa nef unique, sans collatéral, compte trois travées largement éclairées par des fenêtres percées au-dessus de la corniche et s’achève par un chœur à chevet plat, dont le décor peint néomédiéval date du milieu du XIXe siècle.

En 2009 la Commune du Lauzet-Ubaye a achevé la réhabilitation de l'Eglise Saint-Laurent (toiture, vitraux, revêtement intérieur), construite entre 1715 et 1730, grâce à la contribution financière d'un marchand de tissu de Turin, Joseph Vigne.

Certains tableaux de facture plus récente, 1850, signés du peintre italien Fidèle Patritti, ont également été restaurés: toile représentant le repas de la Cène.

La nef compte trois travées largement éclairées par des fenêtres percées au-dessus de la corniche et s’achève par un chœur à chevet plat, dont le décor peint néomédiéval date du milieu du XIXe siècle. Le clocher est une tour carrée surmontée d’une flèche de pierre, encadrée de quatre pyramidions. Un tableau du peintre baroque du comté de Nice Jacques Bottero y représente la Vierge de miséricorde protégeant l'ordre des Dominicains (vers 1700), provenant de l'ancien couvent des Dominicains de Barcelonnette. Il est classé monument historique au titre objet.

Plusieurs chapelles sont présentes dans les hameaux de la commune :

Sainte-Anne à Champcontier
Saint-Paul à Costeplane
Notre-Dame-des-Sept-Douleurs à Dramonasc, reconstruite en 1865
Saint-Jean-Baptiste au Seuil

La voie ferrée

Un chantier phénoménal jamais terminé...

Dans la partie basse de la vallée de l’Ubaye, le projet de construction au début du XXème siècle d’une voie ferrée qui aurait relié Chorges à Barcelonnette n’a pas été finalisé. Pour autant de grands travaux ont été entrepris et bien avancés : carrières, tailles de pierre, ponts, viaducs, tunnels et voies. Ces réalisations impactent aujourd’hui le paysage dans toute la partie d’Ubaye au Martinet, et particulièrement au cœur du village du Lauzet-Ubaye.

Les travaux de construction ont également amené dans les communes de l'Ubaye, et particulièrement au Lauzet-Ubaye, une nouvelle population d’ouvriers, de contremaitres et de maîtres d’œuvre. Beaucoup se sont fixés dans la vallée, épousant les Valéianes et les Valéians. La majeure partie venait d’Italie, arrivés avec "Le Chantier" comme on dit encore au Lauzet-Ubaye.

Aujourd’hui la voie et les tunnels connaissent une nouvelle vie et une nouvelle destination. Les Ubayens ont su adapter ces réalisations à de nouveaux besoins (routes, champignonnières, pistes VTT).

1. Les travaux
Le plan Freycinet, promulgué par une loi le 17 juillet 1879, prévoyait que toutes les préfectures et sous-préfectures de France seraient reliées au réseau ferré national.

1902 : La concession de la ligne de Chorges à Barcelonnette est signée avec les Chemins de Fer P.L.M le 24 janvier 1902. Elle est prévue de mesurer 42 km.

La ligne est déclarée d’utilité publique dans la loi du 12 février 1904.

1909 : Début de la construction de l’embranchement Chorges-Barcelonnette sur la ligne Valence-Briançon. La 1ère guerre mondiale va retarder les travaux.

1936 : Alors que la construction du 1er tronçon de 17,7 km se terminant au Martinet est presque terminée, il est décidé d’arrêter la construction faute de crédits. Par décision ministérielle  du 9/12/1936 l’arrêt des travaux est prononcé. Le viaduc de Chanteloube, d’une longueur de 300 m, construit sur un affluent de la Durance, est maintenant, comme quelques autres ouvrages,sous les eaux du lac de Serre-Ponçon. On peut le voir en période de basses eaux.

1941 : La ligne est déclassée le 30 Novembre

1961 : Date de mise en eau du barrage de Serrre-Ponçon, la voire entre Chanteloube et Ubaye a été submergée et les piles du viaduc sur la Durance ont été rasées.

Le tracé a été partiellement réutilisé par les D900 et D954, en particulier dans certains tunnels.

2. Les ouvrages :

Viaduc de Pralong
Viaduc de Chanteloube (noyé)
Viaduc des Bonnet (noyé)
Tunnel des Hyvans (noyé)
Viaduc de Prego Dieu (noyé)
Tunnel du Sauze (noyé)
Tunnel de l’Ambroise (noyé)
Viaduc des Broues (noyé)
Viaduc du Bouas (noyé)
Viaduc de Suspinon (noyé)


Viaduc de la Première Noyrée (noyé)
Viaduc de Champinasson (noyé)
Tunnel de la Roche 200 m (aujourd’hui routier)
Tunnel du Combas 199 m
Tunnel de Derbesi 442 m
Tunnel de Roche Rousse 233 m
Tunnel de Saint Martin La Blache 1 730 m
Pont sur l’Ubaye 30 m
Gare du Lauzet
Viaduc de la Buissière
Tunnel de Bouille 644 m